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Bref aperçu historique des peuples autochtones pygmées
A l’origine, les peuples autochtones étaient des chasseurs et cueilleurs semi nomadiques vivant dans les hautes forêts montagneuses dans la région des Grands lacs de l’Afrique centrale. Il est largement accepté que ces peuples étaient les premiers habitants de la région, qui furent rejoints plus tard par les fermiers et éleveurs.
Les différents groupes des peuples autochtones, habituellement reconnus comme peuples « pygmées » en RDC sont : les Mbutis ((les Basua, Efe et asua) qui sont localisés dans l’Est du pays spécialement la région de l’Ituri ; les Twa qui sont localisés le long de la frontière avec le Rwanda et dans la région du lac Tumba dans l’Equateur ; et les Cwa qui vivent dans les forêts et savanes autour des lacs Kasai. D’autres groupes sont répartis à travers la région forestière de la RDC, notamment les Aka le long de la frontière nord ouest avec le République du Congo.
La population totale des peuples pygmées en RDC n’est pas connue, et les estimations varient beaucoup. Quelques observateurs ont estimé que le nombre de peuples pygmées est d’environ 250.000. Sur base des résultats préliminaires d’un recensement national en cours, le Ligue Nationale des Pygmées du Congo (LINAPYCO), une organisation autochtone, suggère que les groupes autochtones comptent entre 450.000 à 600.000 individus répartis dans 47 des 144 territoires du pays.
L’accès à leurs terres, et la tenure foncière sûre, sont des questions clés pour les peuples autochtones en RDC. Ils ont les liens étroits avec les forêts et ses ressources, sur lesquelles ils dépendent pour leur bien être, identité et intégrité. Cependant, l’abattage des forêts par les agriculteurs et les éleveurs au cours des siècles a forcé beaucoup de ces peuples d’abandonner leurs forêts et mode de vie basé sur la chasse et la cueillette. Bien que certains ont pu développer de nouveaux métiers comme potiers, danseurs et amuseurs, d’autres sont devenus dépendant du travail occasionnel, ou ont recouru à la mendicité pour survivre.
L’expulsion des peuples autochtones de leurs terres ancestrales pour créer les parcs nationaux commençait pendant la période coloniale, par le décret royal de 1925 créant le Parc National de Virunga. Elle continuait après l’indépendance avec d’autres parcs. Par exemple, entre les années 1960 et le début des années 1980, environ 6.000 Twa ont été expulsés de leurs terres ancestrales. L’extension des parcs nationaux et réserves naturelles incorporait plus des terres des peuples autochtones sans leur consultation ou consentement préalable. Les terres des peuples autochtones ont été spoliées pour l’installation des industries extractives et souvent en violation du droit international. Certaines concessions forestières sont installées dans et coté de leurs terres ancestrales sans la consultation ou le consentement préalable des communautés autochtones pygmées concernées. Le manque de consultation présente un grave risque de spoliation continuelle des terres appartenant aux peuples autochtones.
Les autorités ont interdit l’accès aux forêts qui sont classées comme réserves naturelles, et en conséquence, les peuples autochtones expulsés de ces aires n’ont plus accès aux sources de leurs nourritures essentielles, ni aux plantes qu’ils utilisaient dans la médecine traditionnelle, ni aux sites sacrés et culturels.
Il y a toujours les groupes des peuples autochtones pygmées qui vivent pour la moitié de l’année dans la forêt en RDC, y compris les Mbuti dans la région de l’Ituri et les Twa dans la région du lac Tumba à l’Equateur. Ces communautés ont réussi à garder leur coutume traditionnelle et mode de vie comme chasseurs et cueilleurs avec plus ou moins de succès, dans la mesure du possible avec le conflit continuel. Cependant ces peuples sont menacés par l’empiétement continuel sur leurs terres par les industries extractives et un programme de réformes forestières de l’Etat.
Sans accès à leurs terres traditionnelles, les peuples autochtones connaissent des taux extrêmes d’indigence et de maladie. Leur manque d’accès aux services sociaux perpétue le cycle de la pauvreté.
En outre, les peuples autochtones chassés de leurs forêts rencontrent les taux extrêmes de la discrimination de la part de la culture dominante, qui les méprise pour leurs origines « pygmées ». La discrimination, le préjugé et les stéréotypes ont pour résultat les grosses violations des droits humains des peuples « pygmées ». Ils font l’objet des attaques physiques et sexuelles spécifiques à cause de leur identité ethnique, y compris les viols, les meurtres, et même le cannibalisme. |